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Petites histoires du Moulin Neuf

Des surprises enfouies depuis la nuit des temps !

   Au Miocène, c'est-à-dire entre - 25 et - 5 millions d'années avant notre ère, la mer
   recouvrait l'espace occupé aujourd'hui par Cestas. On trouve ici et là dans le sol
   des couches sableuses contenant nombre de fossiles.
   Une variété d'escargot a même été nommée "helix cestasiensis".

Il y a environ 18 000 ans, des terrasses se sont formées suite au retrait de la mer.  
Du limon s'est déposé
par endroits, formant des couches d'argile qui peuvent  
atteindre plusieurs mètres d'épaisseur. Les cavaliers grimpent parfois le mur  
d'argile, près des Sources, dans une cavalcade effrenée. Ils ne se doutent  
pas alors qu'ils piétinent 180 siècles d'histoire géologique.  

   On trouve aussi en sous-sol de l'alios, une sorte de grès ferrugineux.
   Il est imperméable, ce qui explique pourquoi la région était à l'origine
   couverte de landes marécageuses.

    Des pins ont été plantés au XIXème siècle pour les assécher. 

Cinq haches datant de 1 800 à 1 400 av. J.C. ont été déterrées sous un chêne aux Gleyses  
par des bucherons en 1897, attestant de l'occupation du lieu à l'Âge du Bronze.  

   Une voie romaine, reliant Bordeaux à l'Espagne via Salles, traversait
   le domaine de Monsalut. Une importante villa romaine y a été bâtie vers 550.
   Par ailleurs, des débris de murs et de tuiles romains ont été trouvés près de
   l'Estey des Sources.

Un Moulin Neuf pas si jeune...

Le site de Moulin Neuf s'est d'abord appelé Bregueyrac. En 1772, le seigneur de Monsalut accorde un bail à Jean Nau pour créer un moulin à eau sur l'Estey des Sources. La construction doit être achevée dans les 2 ans. Dès l'origine, un bief (canal de dérivation) et un déversoir sont créés, formant ainsi une chute d'eau de plus de 3 mètres qui alimente une roue horizontale.

La famille Nau l'exploite pendant une centaine d'année. Pendant plusieurs décennies,  
le Moulin Neuf est appelé Moulin de l'Escopley, signe sans doute  
qu'un meunier s'était blessé de façon permanente.  

   Le Moulin Neuf est racheté en 1865 par le baron Haussmann, le fameux préfet de Paris
   instigateur des grands boulevards. Le baron a épousé Octavie de Laharpe, qui possède
   une immense propriété à Cestas (460 hectares). Le baron l'agrandit encore jusqu'à lui
   faire dépasser les 1 000 hectares, et il rénove châteaux et fermes.

Racheté par Marcel Brousse à la mort du baron en 1891, le Moulin Neuf est réaménagé  
et transformé en laiterie. Une seconde roue horizontale, entraînée par un système  
de turbine Fourneyron qui augmente le rendement, est installée. Cette roue anime  
une baratte, qui transforme la crème en beurre, et un métier à bois.   

   Pendant la seconde guerre mondiale, un petit moulin à farine est installé. Le Moulin Neuf fonctionne
   jusqu'au début des années 1950. L'atelier à bois est toujours présent le long du Moulin, caché derrière
   les tuyas. Les deux meules de pierre ont été déposées mais sont toujours conservées dans le Moulin.

En arrivant au club, lorsque vous passez sur le petit pont que gardent  
les deux lions de pierre, regardez vers le
pré aux moutons sur la droite.  
  La petite construction de
pierre au milieu du pré est une fontaine, en fait   
une source
ferrugineuse captée, qui servait   tant aux hommes qu'aux animaux.

Des balades à l'infini

   Cette photo montre la zone
   de forêt où les balades sont
   possibles à partir du club.

   Le club est marqué d'une
   flèche jaune.

   Les balades nous emmènent
   à l'ouest jusqu'au champ de
   maïs (flèche rouge), et au
   nord jusqu'aux étangs du
   domaine de Monsalut (flèche
   bleue), soit environ 600
   hectares.
Aucun risque de se
   lasser ! Le t
errain est souvent
   plat et propice aux galopades
   mais les rives des ruisseaux
   sont vallonées, ce
qui est bon
   pour l'assiette.

Des lieux chargés d'histoire

Les Gleyses : C'est une pointe de terre entre deux bras du ruisseau des Gleyses. Le terme  
"gleyse" désigne l'argile, qui affleure très souvent en surface dans cette zone. Lorsqu'on part en  
balade en longeant l'Estey des Sources, on voit sur la gauche, juste après le grand portail vert,  
la piste des Gleyses qui s'enfonce vers le lieu-dit l'Houstau Neuf (la maison neuve), référence à  
une maison construite au XVIIème siècle mais aujourd'hui disparue. La ligne à haute tensiont  
suit plus ou moins cette piste.  

   La Nigne (la petite) : Une auberge se tenait près du passage à gué de l'Estey
   des Sources. L'auberge a été tenue par la famille Taudin durant des siècles. L'un
   des Taudin, probablement le plus jeune de sa fratrie, était appelé le Nigne
(le petit),
  
et son nom est passé à la maison, qui apparaît ainsi nommé au cadastre vers 1800.
   Dans cette maison vivent aujourd'hui trois cavalières du club.

Les Fontanelles (les petites sources) : Entourée de prés à la belle herbe verte et plantés  
de grands acacias, une imposante maison de pierre blonde se devine au bout du chemin.  
Longtemps abandonnée, les volets se sont rouverts récemment et le jardin a été débroussaillé.  
Les rosiers grimpent sur les barrières, l'airial est planté d'arbres mellifères et des ruches  
occupent un vieux court de tennis dont  on distingue encore les lignes. Longtempts inhabitée,  
les enfants l'appelaient "la maison hantée". Les Fontanelles appartiennent à la commune  
de Cestas depuis 1990.  

   Les Sources : Au milieu des bois surgit une abondante source
   d'eau ferrugineuse très froide, dont l'eau rouge rejoint l'Estey
   des Sources. En 1808, l'armée de Napoléon Ier, en route vers
   l'Espagne, y bivouaqua, et des morceaux d'uniformes et de
   sabres ont été retrouvés. Une plaque mentionne : "Ici a
   bu Napoléon".

   De la fin du XIXème au milieu du XXème siècle, les Sources
   étaient un lieu de promenade très apprécié des bordelais, qui
   se rendaient en train ou en tram jusqu'à la gare de Gazinet, et
   finissaient à pied par l'aller de Monsalut. L'eau ferrugineuse
   avait la réputation de prévenir l'alcoolisme, en reproduisant l'effet
   du vin rouge qui augmente la teneur en fer dans l'organisme.
   Cette croyance a inspiré le fameux sketch de Bourvil : "L'alcool,
   non, mais l'eau ferrigineuse, oui !.."

Aujourd'hui, une salle des fêtes a été bâtie par la Mairie.  
A proximité, un mur d'argile haut de 3 mètres, dont le  
dernier est vraiment vertical, attend les cavaliers  
qui le gravissent au grand galop.  

De petites sources ferrugineuses sont aussi présentes le long  
de l'Estey des Sources, à proximité du club.  
Les ruisselets qui se jettent dans la rivière lui donnent  
une teinte rouille caractéristique.  

   Le domaine de Monsalut : Le domaine de Monsalut est passé de main en main au cours des
  
siècles. Il a connu des modalités d'exploitation variées, selon les orientations commerciales décidées
   par ses propriétaires successifs. Ainsi, à la fin du XIXème siècle, une lagune sert de vivier à
   sangsues. Les sangsues étaient vendues à l'armée pour soigner les malades atteints de congestion.
   Au début du 20ème siècle, l'argile présente en grande quantité sous le sable est exploitée pour
   fabriquer des briques dans la briqueterie de Peymartin, à 500 mètres de là. Mais à force de creuser,
   les installations se sont effondrées. Les excavations ont été comblées d'eau pour créer les deux
   étangs de pêche que nous connaissons aujourd'hui. En balade, les cavaliers longent parfois les
   étangs au pas ou au trot sur des chemins tout en montées et descentes abruptes, que les plus
   jeunes appellent "Les Montagnes  Russes".

L'Estey et les ruisseaux : Les balades en forêt nous amènent le long des étangs et des  
ruisseaux au fond sablonneux. Celui qui traverse le club s'appelle l'Estey des Sources, c'est  
un affluent de l'Eau Bourde qu'il rejoint juste après le Pont des Amours. Les promeneurs à  
pied ou à vélo les traversent par des palanques (ponts de bois), les cavaliers par des passages  
à gué. Mais certaines zones sont de vrais sables mouvants, ne traversez pas n'importe où !  
Les rives sont peuplées de chênes, saules et noisetiers. On voit souvent des canards col vert,  
des poules d'eau ou des hérons sur les étangs, ou même des ragondins nageant dans les  
ruisseaux. Et si on est chanceux, et silencieux, on peut apercevoir le miroir (la tache claire  
sous la queue) des biches venues boire au crépuscule et s'enfuyant dans les fourrés.  

La plupart des informations sont tirées de l'ouvrage :

Cestas, en Graves et Landes girondines. Les Amis du Vieux Cestas, sous la direction de Pierre Ducout. Ed. Mairie de Cestas, 2012.

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